Antigone avant Antigone : 1978-19831
Une vaste zone de friches militaires et urbaines
Montpellier, en cette fin des années 1970, est une métropole européenne en gestation. L’université se développe, ainsi que la recherche médicale, l’agronomie, particulièrement tropicale. Des laboratoires pharmaceutiques et de grandes firmes informatiques s’implantent.
Les 30 dernières années du XXe siècle seront marquées par de grands travaux qui vont modifier l’espace urbain, et doter Montpellier d’équipements structurants (palais des Congrès, bibliothèque centrale et médiathèques, nouveau Musée Fabre, piscine olympique…)
Mais revenons en 1978. Antigone, en prenant la direction de l’Est et du Lez, signifie un retour aux sources, vers la ville portuaire, avec le port de Lattes réaménagé par Jacques Cœur en 1432 (et dont les vestiges, découverts en 1988, sont à présent enterrés sous le quartier de Port Ariane). Il faut également contrebalancer l’expansion de la ville vers le Nord, avec la Paillade.
A l’époque, écrit Francis Zamponi2, « le cœur historique de Montpellier est encore trop étroit pour battre assez fort et faire vivre une métropole européenne en gestation. Il faut l’élargir en lui insufflant de nouveaux attributs. »
La surface disponible pour cette expansion existe. En 1978, cette zone proche pourtant de la place de la Comédie, est encore un terrain militaire de 25 ha, proche de la citadelle. Celle-ci avait été
construite par Louis XIII pour mater la ville rebelle (elle abrite aujourd’hui le Lycée Joffre).
Ce terrain militaire désaffecté jouxte le centre commercial du Polygone, ouvert depuis 3 ans. Il est également prolongé par une friche urbaine de la même taille, sur laquelle sont installées quelques usines du XIXe siècle (dont la Savonnerie). Donc, près de 50 ha.
Trois bonnes fées : Georges Frêche, Raymond Dugrand, Ricardo Bofill
Le quartier sera donc conçu dès 1978, sous l’impulsion du maire de Montpellier Georges Frêche et de son adjoint, le géographe Raymond Dugrand. C’est à l’architecte catalan Ricardo Bofill, qu’est demandé d’y concevoir un espace répondant aux principes de la mixité urbaine : doivent s’y mêler logements, commerces et bureaux.
1Sources : Claude Micmacher, Philippe Nguyen-Phuoc, Pierre Schwarts : Montpellier : architectures, 1977
1992, cop Ville de Montpellier, 1993.
2Francis Zamponi : Méttropole du Sud : Montpellier. Ed. Fayard, 2001